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Résidence Instagram d’Anahita Norouzi

Anahita Norouzi, From The Other Side, 2021.
Anahita Norouzi

Nous poursuivons notre série virtuelle de résidences avec l’artiste multidisciplinaire irano-canadienne Anahita Norouzi établie à Montréal.

Soyez des nôtres toute la semaine prochaine pour découvrir sa réflexion sur les notions de déplacement, de mémoire et d’identité culturelle d’un point de vue psycho-historique. Ses œuvres mettent en lumière sa perspective singulière, soit celle d’une citoyenne iranienne, vivant à Montréal, observatrice distante de sa culture d’origine.

Human Touch est une série de résidences Instagram qui invite des artistes émergents à ponctuer notre fil d’actualité de leur propre production artistique, de leurs questionnements et de contenu qui inspirent leur créativité.

Restez à l’affût !

Suivez la résidence d’@anahita_norouzi sur notre page Instagram.

Jour 1 – Lundi 18 juillet 2022

Cette semaine, nous vous présentons l’artiste multidisciplinaire irano-canadienne Anahita Norouzi établie à Montréal. Sa conception de l’art est étroitement liée aux questions sociales, politiques et culturelles, qu’elle explore de manière critique dans ses œuvres. Au cours des dix dernières années, elle a souvent voyagé entre l’Iran et le Canada pour mener ses recherches, qui explorent les notions de déplacement, de mémoire et d’identité d’un point de vue psycho-historique et nourrie par de nombreux voyages entre le Canada et l’Iran. Par le biais de l’installation, de la performance et de la vidéo, elle questionne activement les conditions dichotomiques provoquées par sa perspective particulière – en tant que citoyenne iranienne et observatrice distante, depuis Montréal, de sa culture d’origine.

~ Mille soleils se cachent derrière les murs, 2022
Plein sud, centre d’exposition
📷 Guy L’Heureux

Ma pratique, basée sur la recherche, examine les notions d’identité et de mémoire, et plus particulièrement en relation avec les expériences de déplacement.

Au cours des deux dernières années, j’ai développé un important corpus de travail qui explore l’héritage des explorations botaniques et des fouilles archéologiques, en particulier lorsque la recherche scientifique s’est mêlée à l’exploitation coloniale de la géographie non occidentale.

~ Anahita Norouzi, Troubled Garden: Study for Migratory Roots, 2022. Fondation Grantham pour l’art et l’environnement


Dans les prochains jours, je partagerai avec vous certains de mes travaux, explorations et réflexions récentes.
Je commence par la poésie de Georges Seferis (en anglais) :

“They told us you’ll conquer when you submit.

We submitted and found ashes.

They told us you’ll conquer when you love.

We loved and found ashes.

They told us you’ll conquer when you abandon your life.

We abandoned our life and found ashes.

We found ashes.

It remains to recuperate our life,

now that we’ve nothing left.”

~ Poème de Georges Seferis, The Collected Poems 1924-1955.

Jour 2 – Mardi 19 juillet 2022

~ Anahita Norouzi, Landed, 2020
Esplanade Arts and Heritage Centre
📷 Spencer Schutt
~ Anahita Norouzi, Landed, 2020
Esplanade Arts and Heritage Centre
📷 Spencer Schutt

En 2020, pendant les mois de quarantaine, tout en étant statique physiquement, j’ai continué à voyager à travers l’esprit, à lire et à penser aux objets et aux plantes diasporiques, à la guérison et à la résilience…

~ La collection du MAADI, 2022
Musée des beaux-arts de Montréal
📷 Sébastien Roy

En 2021, j’ai été artiste en résidence à la Grantham Foundation for Arts and Environment @fondationgrantham. Là-bas j’ai travaillé sur un projet axé sur les relations entre les humains, les plantes et les lieux, et j’ai ainsi établi des parallèles entre la diaspora végétale et les récits de déplacements humains. 

~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2020
~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2020
~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2020
~ Anahita Norouzi, Mille soleils se cachent derrière les murs, 2022. Plein sud, centre d’exposition
📷 Guy L’Heureux

Pendant cette résidence à la Fondation @fondationgrantham, je me suis penchée sur les plantes et la flore qui ont été transportées à travers les mers et introduites au Canada au cours des siècles en raison de leur beauté, mais qui sont maintenant classés comme « étrangères et envahissantes » par l’Agence canadienne d’inspection des aliments.

Ces plantes font partie de celles que nous appelons « mauvaises herbes, » qui sont devenues sauvages, qui percent l’asphalte et poussent dans les allées et au bord des routes. 

~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2020
~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2020
~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2020

Jour 3 – Mercredi 20 juillet 2022

~ Colons français et chefs arabes, 1911.
Collection d’archives de l’artiste.
~ Fabrication coloniale de canne à sucre, 1749.
Collection d’archives de l’artiste.

L’étude de l’histoire des transferts de plantes, en particulier pendant la période de l’impérialisme européen, permet de comprendre comment les plantes ont eu une profonde influence sur les économies et les paysages occidentaux. Au cours des deux dernières années, mes recherches se sont concentrées sur les plantes indigènes des pays autrefois colonisés, qui sont considérées comme envahissantes en Occident.

Je m’intéresse aux odyssées de ces plantes, car elles offrent une fenêtre sur la façon dont les Occidentaux interagissaient avec les non-Occidentaux par le biais de l’échange de plantes, et sur la façon dont cela a jeté les bases de la xénophobie, du langage et du racisme appliqués aux plantes dans l’écologie moderne.

J’essaie de poser les bonnes questions en explorant ces histoires ; de lire entre les lignes et de regarder les choses à contre-courant, et de reconsidérer comment les histoires ont été racontées, et par qui…

~ Ouvriers dans une plantation de thé, début du XXe siècle.
Collection d’archives de l’artiste.
~ Le domaine de Roaring River, 1778. Image d’une idylle rurale plutôt que l’existence brutale des esclaves des plantations.
Collection d’archives de l’artiste.
~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2021.
An extract from the book
~ Anahita Norouzi, Mille soleils se cachent derrière les murs, 2022
Plein sud, centre d’exposition
📷 Guy L’Heureux

Dans mon récent corpus de travaux, je réfléchis à « l’altérité » botanique et à l’éconativisme, à la manière dont ils ont défiguré la nature, créé des paysages artificiels et biaisé les relations entre les humains et les plantes, et à la façon dont cela recoupe des comportements similaires envers les étrangers, les migrants ou les personnes déplacées.

Cet examen attentif des plantes et de la façon dont elles sont traitées me sert de métaphore pour aborder des questions plus larges : comment l’intolérance envers les espèces d’outre-mer, similaire à la façon dont les « nouveaux arrivants » sont perçus, a façonné nos notions contemporaines « d’autochtone » et « d’étranger » ; ce que signifie cette différenciation, comment elle se reflète dans la politique et les autres structures de pouvoir.

~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2021. An extract from the book
~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2021. An extract from the book
~ Anahita Norouzi, Displaced Garden, 2021. An extract from the book

Jour 4 – Jeudi 21 juillet 2022

~ Photo de moi trouvant une berce du Caucase dans la région du Centre-du-Québec, 2021.
~ Une ferme de berce de Caucase dans le nord de l’Iran, 2019.

Pendant la résidence à la Grantham Foundation for Arts and Environment @fondationgrantham, en réfléchissant aux frontières, aux plantes et aux traversées… J’ai fait ce voyage fascinant à travers la vie d’une plante qui porte beaucoup de mémoire personnelle, de complexité et de forces émouvantes — la majestueuse berce du Caucase, گلپر.

Originaire de mon pays natal, l’Iran, elle est considérée comme une espèce « exotique et envahissante » au Canada, avec un budget annuel de 1,3 million de dollars dépensés uniquement au Québec pour son éradication.

~ Heracleum Persicum, 1920.
Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris.
~ Magazine Le Jardin, 1896. Collection d’archives de l’artiste.
~ La berce du Caucase dans un jardin britannique, juin 1901. Collection d’archives de l’artiste.

Mesurant de 2 à 5 mètres de haut, l’Heracleum persicum a été introduit en Europe au début du 19e siècle comme curiosité de jardin en raison de sa taille imposante et de sa croissance vigoureuse. L’espèce a été enregistrée pour la première fois en Angleterre en 1817, apportée d’Iran comme plante ornementale pour plaire à la famille royale. Elle a été introduite aux États-Unis comme espèce ornementale, puis au Canada dans les années 1950. Bien qu’elle soit considérée comme une mauvaise herbe nuisible et envahissante ici, l’H. persicum est une plante cultivée inoffensive en Iran avec des valeurs médicinales et culinaires. 

~ Anahita Norouzi, Constellational Diasporas, 2021.
~ Anahita Norouzi, Constellational Diasporas, 2021.
~ Anahita Norouzi, Constellational Diasporas, 2021.

Ces jours-ci, je travaille avec Amin Alsaden, un conservateur indépendant et un spécialiste de l’art, sur une exposition qui sera présentée à l’Art Gallery of Guelph de septembre à décembre 2022.

Amin et moi sommes nés et avons grandi dans deux pays voisins, l’Iran et l’Irak, qui ont été engagés dans la plus longue guerre du 20e siècle pendant les années 60. En discutant de ce projet, nous avons découvert que la recette impeccable de cornichons de nos deux grands-mères contenait le même ingrédient qui faisait toute la magie : les graines de berce de Perse. Comme il est merveilleux de ressentir un sentiment d’expérience partagée et de parenté imaginaire avec des inconnus de pays lointains, forgé par le biais d’un goût ! 

Jour 5 – vendredi 22 juillet 2022

~ Anahita Norouzi, Remains, 2021.
Fondation Grantham pour l’art et l’environnement @fondationgrantham
~ Anahita Norouzi, 𝙍𝙚𝙢𝙖𝙞𝙣𝙨, 2021.
Fondation Grantham pour l’art et l’environnement @fondationgrantham
~ Anahita Norouzi, 𝙍𝙚𝙢𝙖𝙞𝙣𝙨, 2021.
Fondation Grantham pour l’art et l’environnement @fondationgrantham
~ Anahita Norouzi, 𝙏𝙧𝙤𝙪𝙗𝙡𝙚𝙙 𝙂𝙖𝙧𝙙𝙚𝙣: 𝙎𝙩𝙪𝙙𝙮 𝙛𝙤𝙧 𝙈𝙞𝙜𝙧𝙖𝙩𝙤𝙧𝙮 𝙍𝙤𝙤𝙩𝙨, 2022. Fondation Grantham pour l’art et l’environnement @fondationgrantham
~ Anahita Norouzi, 𝙏𝙧𝙤𝙪𝙗𝙡𝙚𝙙 𝙂𝙖𝙧𝙙𝙚𝙣: 𝙎𝙩𝙪𝙙𝙮 𝙛𝙤𝙧 𝙈𝙞𝙜𝙧𝙖𝙩𝙤𝙧𝙮 𝙍𝙤𝙤𝙩𝙨, 2022. Fondation Grantham pour l’art et l’environnement @fondationgrantham
~ Anahita Norouzi, Untitled, 2022.
~ Anahita Norouzi, Untitled, 2022.
~ Anahita Norouzi, Alien Blooms, 2022.
Application de réalité augmenté pour iOS et Android.
Fondation Grantham pour l’art et l’environnement @fondationgrantham
~ Anahita Norouzi, Alien Blooms, 2022.
Application de réalité augmenté pour iOS et Android.
Fondation Grantham pour l’art et l’environnement @fondationgrantham

Dans le cadre de mon processus de recherche et de création, j’ai développé une application de réalité augmentée appelée Alien Blooms. L’œuvre met en avant trois berces géantes dans un même espace. L’interface de l’application permet d’activer la caméra d’un appareil que l’utilisateur pointe vers une matrice codée pour faire l’expérience de l’œuvre. 

Vous avez été nombreux à nous suivre cette semaine et nous en sommes très touchées.

Nous avons eu le plaisir d’accueillir cette semaine le l’artiste pluridisciplinaire Anahita Norouzi à l’occasion de notre septième résidence Instagram. Nous vous invitons à regarder son entretien au cours duquel nous nous plongeons dans la pratique et le processus créatif d’Anahita.

Cette discussion vous est offerte en anglais, la langue choisie par l’artiste, et sous-titrée en français.

Pour visiter le site internet d’Anahita.

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